La transat retour

Livre de bord de la transat retour

Le 10/05 :
C’est le départ. Il y a du vent. Christian sur son voilier Voy Voy préfère partir demain et m’aide à lever l’ancre.
Dans la baie de Larigot, en annexe, Bryan, un américain et Mel et Claudio, boliviens, viennent me dire au revoir. C’est sympa.

C’est vrai qu’il y a du vent et je dois me réhabituer aux mouvements de Coclico. Ca gite, ça tape, ça bouge….Près de 4 heures pour reprendre mes marques mais cela va mieux. Coclico file à 5 nœuds et le soleil brille. Il fait chaud en pleine mer.

Le 11/05 :
Grain dans la nuit: pluie, vent et réduction de voilure. Coclico est rincé…….Et puis navigation cool. Allure près bon plein et Coclico adore……moi aussi. La mer est tranquille : 1 à 1,5 m de vagues. Nettoyage des panneaux solaires pour profiter pleinement du soleil avant la tombée de la nuit.

Le 12/05 :
« Du 12 mai 7h au 13 mai 7h, cap 17° à 80° du vent. 11 à 15 nœuds. A partir du 13 mai, cap 30° puis 18°. 90° du vent. 15 à 20 nœuds »
Comme tous les matins, contact avec la terre. J’envoie ma position à un ami sur terre et il m’envoie les instructions de navigation . Contacts précieux et je garde un lien avec la terre.
C’est calme cet après midi. Moins de vent que prévu . Coclico trotte.

Jours suivants :
Et puis la navigation continue. Coclico avance bien, les nuits sont calmes. Quelques soucis : un peu d’eau dans le bateau, des sargasses qui m’empêchent d’utiliser le régulateur d’allure. Mais rien de grave.
En 7 jours, près de 770 MN. Je n’ai pas vu le temps passé…..

Et puis le 20/05, à la nuit tombée :
Diner dans le cockpit, la nuit est tranquille. Et bruit, la voile avant est passée à l’arrière de la GV……
Sur le pont, je constate que le tambour de l’enrouleur n’est plus amarré à l’étrave. Tour doit aller vite : ne pas démater…..Amarrage comme je peux du tambour : un vrai danger en mouvement et pose de l’étai largable…..Peu de vent cette nuit. Je reste sous grand voile.

Jours suivants :
Un vrai coup dur, cette avarie. Bien sûr, il y a l’étai largable…. J’enroule la drisse de spi autour de l’enrouleur pour l’empêcher de trop bouger ……Mais le moral est bas : j’ai peur de démâter et il nous en reste des MN à parcourir. Va t’on y arriver aux Açores ? C’est réellement stressant…….
Utilisation du solent et de la trinquette et changement de voiles régulièrement à l’avant. Cela me rappelle ma jeunesse……..Et Coclico avance…..lentement : je le sous toile.

Et puis je reçois des encouragements d’amis marins :  » Tu vas y arriver », « Navigues comme tu as l’habitude, avec prudence », « Mange du chocolat »….Cela fait du bien……Et j’en mange du chocolat.

On y arrive, on y arrive :
2 jours avec 30 nœuds de face : nous avons reculé !!!!, et puis…….. une semaine de vent portant. Enfin !!!!!!! Un pur bonheur.

Je retrouve mon plaisir d’être en mer…….. Coclico continue sa route. Une tourterelle nous accompagne. Elle est restée quelques heures pour se reposer …..et s’est envolée.

Et la vie continue sur Coclico. Nous avançons doucement, tranquillement. Et Horta approche.
Le 5 juin, 10h30, je suis devant la ville d’Horta. Hervé, l’ami routeur et navigateur, qui est arrivé depuis une semaine, m’indique où mettre l’ancre. Cela aide.
Transat retour terminée. Je suis soulagée : Coclico a toujours son mat à Horta.